HISTOIRE DE CASABLANCA

Court voyage dans le passé : de ANFA à DAR-AL-BAIDA

Casablanca est l’une des villes du monde qui a connu les transformations les plus spectaculaires : presque inconnue à la fin du XIXe siècle, elle compte aujourd’hui parmi les plus grande villes du continent africain.

La Région de Casablanca fut très anciennement peuplée, puisque, à Tit Mellil et dans la carrière de Sidi Abderrahman, les archéologues ont découvert des outils du Paléolithique inférieur.

Bénéficiant d’une situation centrale sur la façade Atlantique, la ville s’est édifiée à l’emplacement de l’ancienne cité médiévale d’Anfa, devenue plus tard le petit port de Dar-Al-Baida.

Tous les grands voyageurs arabes du Moyen Age, dont les descriptions géographiques écrites du XIIe siècle nous sont parvenues mentionnent Anfa. C’est un port commercial très actif où sont embarqués à destination de l’Europe le blé, la laine, le cuir, la cire, le miel et les chevaux, en provenance de tout le Maroc et surtout de la riche plaine de la Chaouia.

Historiquement, Dar-Al-Baida était connue sous le nom d’Anfa ou Anafi.

En fait, nous ne disposons d’aucune preuve palpable sur l’origine de cette ville. Les historiens sont partagés entre deux hypothèses :

* La première est qu’Anfa aurait été fondée par les Romains, lors de leur domination du Nord Africain. Cette hypothèse avancée par Léon L’Africain (Lhassan Al Ouazzan) est écartée par les historiens modernes car aucune trace archéologique, aucun texte historique ne vient l’étayer.(cf. Mohamed Dernouny et Guy Léonard , Casablanca la parole et la trace ,éd. Afrique-Orient, Casablanca,1987 )

* La deuxième est que cette ville aurait été fondée par les Berbères, en l’occurrence les Bergwata. Cette deuxième version est la plus adoptée par les historiens contemporains. Au terme d’une analyse approfondie, André Adam, conclut, à la suite d’Al Bakri et Ibn Khaldoun, que c’est bien les Bergwata qui sont à l’origine de la consrtuction de cette ville. Certains historiens font situer la genèse d’Anfa vers le VIe et le début du VIIe siècle.

Selon Léon l’Africain , l’Etat Bergwata, et partant Anfa, probablement sa capitale, succombera en 1059 après J.C à l’attaque des Almoravides, ajoutant que durant les 130 ans qui suivirent cette attaque, la Tamesna demeurera un « gite pour les lions, les loups et les chouettes ».

Il n’en demeure pas moins que ce n’est que sous les Mérinides que Anfa va renaître pour devenir de nouveau « une grande ville sur le bord de l’Océan à une soixantaine de mille au nord de l’Atlas ( en réalité plus de 200 km ) et à 60 milles à l’est d’Azemmour ( plus exactement à 90 km ).Cette ville était policée et très prospère parce que son territoire était excellent pour toutes sortes de céréales .Elle présente en vérité le plus beau site de toute l’Afrique : elle est entourée de tous côté, sauf au nord au bord de la mer, d’une plaine d’environ 80 milles ( 130 kms ).A l’intérieur d’Anfa, nombreux étaient les temples ( mosquées ) , les très belles boutiques, les hauts palais ( résidences du gouverneur et autres fonctionnaires )…Il y avait aussi beaucoup de jardins et de vignes … » (Léon l’Africain, cité par Mohamed Dernouny et Guy Leonard in Casablanca, la parole et la trace édition Afrique-Orient , 1987 )

A la fin de la dynastie Mérinides, Anfa entretenait déjà des relations commerciales avec l’extérieur, plus particulièrement avec l’Angleterre et le Portugal, comme le confirmait d’ailleurs Guy Martinet « …Casablanca était devenue à partir de 1300 un centre commercial très actif d’une très grande importance, surtout en matière de blé. […]. Cette ville a toujours été prospère de par son excellent territoire fertile pour toute sortes de céréales. Elle a toujours été l’exemple, et l’une des plus belles cités de toute l’Afrique.… Les habitants d’Anfa s’habillaient élégamment,…Il y avait parmi eux des gens très instruits…. » ( Naissance de Casablanca et son évolution commerciale, article publié in Publications de La Faculté Des Lettres et des Sciences Humaines de Casablanca).

Au XVIe siècle , les portugais occupèrent Anfa pendant deux siècles, jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Leur influence pesait lourdement et brisa l’essor de la ville. Léon l’Africain, évoquant les motifs qui ont présidé à la chute de cette cité, écrit : « La première raison est qu' ils voulurent ( les habitants d’Anfa ) vivre en liberté sans en avoir les moyens; la seconde est qu'ils armaient sans en avoir leur petit port des fustes(?) avec lesquelles ils commettaient de grands ravages dans la presqu'île de Cadix et sur toute la côte du Portugal. Ce fut au point que le roi du Portugal décida de détruire Anfa. Dans ce but, il envoya une flotte de cinquante vaisseaux avec des troupes et une importante artillerie » ( Mohamed Dernouny et Guy Leonard, op ).

Selon une chronique Portugaise, Anfa fut complètement détruite en 1468 ou 1469, par les forces qui étaient sous le commandement de Don Fernando, frère du Roi Alphonse V.

Ainsi, d’après Léon l’Africain, « Anfa, au début du XVIème siècle, n’est plus alors qu’un simple village de quelque dizaines de maisons habitées par des pêcheurs et des paysans ».

Détruite une fois par les Almoravides et une seconde fois par les Portugais, la ville renaîtra sous la dynastie Mérinide, puis, au XVIIème siècle sous la dynastie Alaouite.

En effet, c’est le sultan alaouite Sidi Mohammed Ben Abdellah ( 1757- 1790 ) qui a reconstruit la ville, vers 1770, édifiant la mosquée Jamâa El Kabir, située à Dar El Makhzen, une madersa ainsi qu’un Hammam et des remparts, entendant ainsi créer un point de résistance aux incursions européennes entre Mazagan et Rabat. Mais les considérations commerciales ne sont pas étrangères à ce projet. C’est du moins ce que soutiennent Jean-Louis Cohen et Monique Eleb ( Casablanca , Mythes et figures d’une aventure urbaine éditions Belvisi/Hazan 1998 ), citant le chroniqueur de l’époque Mohamed Al-Duayf. Le sultan, rapporte-t-il, « s’étonna à l’extrême à la vue de son port et reprocha aux R’bati (habitants de Rabat)de ne cesser de lui en dire du mal, parce qu’ils redoutaient les populations de Dar-Al-Baïda ». « ... Il permit de plus aux chrétiens de charger du grain dans son port ».

A l’époque de ce souverain, la ville retrouva sa fonction commerciale et portuaire qu’elle avait autrefois. Ses relations avec l’Europe se renforcèrent et des compagnies Espagnoles s’installèrent à Casablanca.

En 1830, le commerce de la ville était très prospère avec toute l’Europe. C’est pourquoi de grandes firmes commerciales installèrent leurs représentants, les grandes puissances ouvrirent des légations, et certaines compagnies de navigation établirent des lignes régulières ( la ligne Casablanca-Marseille entrait en service en 1862) . La reprise des exportations des céréales, de l’huile d’olive, des amandes et de la laine réputée à cette époque, a permis une nouvelle relance de l’économie Marocaine. 250 voiliers, de 150 à 750 tonneaux, quittaient le port de Dar-Al-Baida chaque année, chargés de produits agricoles divers, à destination de l’Europe.

Ayant bénéficiée de toutes ces conditions, l’influence de Casablanca s’étend sur l’ensemble du territoire National puisqu’elle génère 40% du PIB , concentre les sièges des banques et la majeure partie des salariés de l’industrie ; elle abrite les entreprises les plus importantes, tant au niveau des biens fabriqués que de la technologie appliquée ; le secteur tertiaire de la ville est le plus moderne du Maroc.
A Casablanca convergent presque tous les réseaux : routier, ferroviaire, aérien et maritime.

Grâce à cette situation très particulière, Casablanca connaît une dynamique réelle sur le plan démographique, spatial et économique.

C’est en 1900 que la France vient en tête des pays importateurs des produits marocains, et c’est le port de Casablanca qui assure le volume le plus important des exportations, en dépassant largement le port de Tanger.

Désormais, les intérêts des milieux industriels et commerciaux français grandissent rapidement au Maroc et en particulier à Casablanca. Parallèlement, à ce développement du commerce, on assistait à une augmentation progressive de la population d'origine marocaine et européenne qui choisissaient de s’installer à Casablanca.

En Août 1907, la France concrétisait ses prétentions colonialistes sur le Maroc. Ainsi, pour s’assurer de la domination du pays, la stratégie française commença d’abord par la maîtrise de la ville de Casablanca. Les circonstances de l’occupation du Maroc sont connues.

La présence française à Casablanca donna naissance à de profondes transformations de la ville, aussi bien au niveau démographique qu’au niveau urbanistique.

Casablanca devient un champ libre pour la création d’un secteur économique moderne et pour l’immigration européenne de masse. De grands chantiers de travaux publics, de nouveaux secteurs d’emploi attirent tous les déracinés de leur terre des provinces avoisinantes et déclenchent le phénomène de l’exode rural.

A l’aube du XXème siècle la ville de Casablanca se limite à l’intérieur de la ceinture des remparts de l’ancienne Médina et se divise, en fonction de la typologie d’habitat, en trois quartiers :

1°/ Médina (cité musulmane): située à l’est près du port, c’est la partie la mieux construite à cette époque, elle était habitée par les autorités, les consuls, les notables et les négociants.

2°/ Mellah : situé au sud ouest de la Médina, c’était un mélange de construction en durs et en huttes, où les juifs étaient nombreux .

3°/ Tnaker : situé au nord ouest de la Médina, fait essentiellement de maisons en pisés et de huttes.

Hors des murs, il y avait un souk lié avec un réseau de pistes allant dans diverses directions ; des faubourgs et des cimetières…
Au fur et à mesure que la population augmente, cette structure urbaine devient incapable d’éponger le surplus de la population

Et à défaut d’un document de planification urbaine qui pourrait orienter la croissance de cette ville, des constructions moins structurées apparaissent à l’ouest de la Médina, notamment à Derb El fassah, Bousbir Elkdim et quartier Cuba,…

Avec l’instauration du Protectorat en 1912, une nouvelle donne géopolitique est née qui va marquer de manière déterminante le développement de cette ville.

En 1913, le Général Lyautey décide d’en faire le premier port marocain ; ce choix, décisif pour le développement futur de Casablanca, se concrétise par la création d’un port moderne totalement artificiel.

Cette nouvelle résurrection de la ville allait engendrer la concentration d’une forte population européenne et des capitaux qui ont fuit l’Occident, menacé par les prémices de la crise de la première Guerre mondiale, l’afflux d’une main-d’œuvre à bon marché, la création d’une infrastructure urbaine et enfin, l’orientation vers l’exportation de produits agricoles, puis de matières premières minières, ce qui a donné naissance à une industrie de transformation variée.

Le 13 Janvier 1943, Casablanca accueille les plus grands dirigents alliés de la 2nde guerre Mondiale. La rencontre historique entre le président Américain Franklin, Roosevelt et le premier Ministre Britannique, Winston Churchill à Anfa, inscrira le nom de cette ville dans l'Histoire.

Casablanca est devenue un espace de polarisation aussi bien sur le plan économique que sur le plan démographique qui oppose cette ville au reste du Maroc. « Une personne sur quatre quittant le milieu rural, s’installe à Casablanca », écrit à ce propos Jean Louis Miège dans son livre < Le Maroc >.

Bien entendu, le site de Casablanca ne présente pas de particularités très marquantes, mais sa position centrale sur la façade atlantique du Maroc permet un accès facile vers les riches et fertiles plaines de la région de la Chaouia, des Doukkala, de Tadla et au-delà vers les grands gisements de phosphate de Khouribga.
Genèse et histoire


ACTUALITES

toutes les actualités


7 Mars 2019

Avis d'homologation du plan d'Aménagement de la commune d'Echellalte

Il est porté à la connaissance du public que le plan d'aménagement de la commune Echellalate, est approuvé par décret n° 2.19.111 du 25 Février 2019 et publié dans le bulletin officiel n° 6757 du 04 Mars 2019.

27 Fevrier 2019

Atelier de concertation au sujet du financement du développement urbain au Maroc

L'Agence Urbaine de Casablanca a organisé ce mercredi 27 Février 2019, un atelier de concertation au sujet du financement du développement urbain au Maroc. Le Maroc à l'instar de plusieurs pays à travers le monde a connu durant les dernières décennies une urbanisation effrénée engendrant des mut

25 Fevrier 2019

ETAT D'AVANCEMENT DES PROJETS DES PLANS D’AMÉNAGEMENT

Après l’homologation du SDAU, les efforts sont concentrés sur l’élaboration de 36 plans d’aménagement des différentes Municipalités, Communes Urbaines et Rurales faisant partie de l’aire couverte par ce dernier. L'état d'avancement des études d'élaboration des plans d'aménagement se présente comme s

Bienvenue sur l'application de consultation des documents d'urbanisme

L’utilisation de ce service implique votre acceptation des présentes conditions d’utilisation.

L’utilisation de ce service ne vous confère aucun droit sur le contenu auquel vous accédez. Ce service est uniquement informationnel et n’engage en aucun cas l’Agence Urbaine de Casablanca et ne peut en aucun cas équivaloir à une note de renseignement.

Pour la demande de la note de renseignement, les documents suivants sont nécessaires:

• Plan cadastral visé par le service du cadastre ;
• Un extrait de la mappe cadastrale indiquant la situation du terrain ;
• La liste des coordonnées Lambert visée par le service du Cadastre ;
• Enveloppe timbrée portant l’adresse exacte du demandeur ;
• Quatre cent cinquante DH (450dhs) versés auprès du régisseur – recettes de l’AUC ;
• Autorisation du propriétaire et identité du demandeur s’il est autre que le propriétaire ;
• Certificat de propriété du terrain concerné.
• Photocopie de la CIN
• Statut de la Société lorsqu’il s’agit d’une personne morale.

La note de renseignement est délivrée par l’Agence Urbaine de Casablanca dans les 48 h après son dépôt.

Toutefois, l’Agence Urbaine de Casablanca n’a de cesse de modifier et d’améliorer ce service. Nous sommes donc susceptibles d’ajouter ou de supprimer des fonctionnalités ou des fonctions, et il peut également arriver que nous suspendions ou interrompions complètement celui-ci.

Refuser
Accepter

Authentification


Nom d'utilisateur : *
Mot de passe : *